22éme étape: Dampierre-en-Burly - Belleville

Publié le 29 Août 2012

LA CENTRALE DE BELLEVILLE ou Quand on ne peut résoudre un problème de fuites, on tente de modifier le texte légal réglementant le niveau de porosité d'une enceinte de confinement...

Belleville-sur-Loire : Une centrale nucléaire au béton poreux

1987-1989 : cafouillages de la mise en service de la centrale

Les deux réacteurs raccordés au réseau EDF en 1987 et 1988 vont connaître très rapidement de nombreux problèmes et incidents. En effet, dès le départ, il y eut un problème de porosité des enceintes de confinement de la centrale, du fait de la présence de calcaire dans les granulats de la Loire utilisés pour la construction, ce dont EDF était consciente. En juillet 1987, lorsque la tranche 1 est raccordée au réseau, ses enceintes de confinement ont un taux de fuite de 2,05% alors que le taux de fuite autorisé à la construction est de 1% du volume d’air par jour. Ainsi, la centrale de Belleville est mise en service, alors qu’elle ne respecte pas les normes de sécurité.

1998-2000 : « redécouverte » de la porosité des enceintes de confinement.

Après 10 années de fonctionnement émaillées de plusieurs incidents passant généralement inaperçus, la centrale de Belleville va connaître de nouveaux problèmes qui vont la mettre sous les feux de l’actualité.

En effet, un problème réapparaît : la porosité des enceintes de confinement de la centrale qui n’a pu qu’augmenter en 10 ans de service. L’autorité de sûreté nucléaire, la DSIN (Direction de la sûreté des installations nucléaires) a saisi en juillet 1998 ses deux ministères de tutelle (Environnement et Industrie) du problème qui selon elle « ne remet pas en cause la sûreté mais le respect de la réglementation ». D’après l’estimation de l’IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire), le niveau de fuite dans l’enceinte interne dépasserait la valeur maximale fixée par décret en cas d’accident. Ce taux de fuite ne doit pas excéder 1,5%, or d’après les experts de la DSIN, ce taux de fuite se situe à Belleville entre 1,9% et 3,9%.

EDF et la CGT, avec l’appui des municipalités locales noyautées par EDF lancent une campagne pour exiger le redémarrage de la centrale de Belleville. Grâce à la pression du lobby nucléaire et à une campagne de désinformation (EDF affirme que l’arrêt de Belleville va provoquer une pénurie d’électricité pour l’hiver suivant, alors qu’elle a un excédent de 10%), EDF obtient le redémarrage de la centrale de Belleville le 23 septembre 1998 alors que le problème de la porosité des enceintes de confinement n’est toujours pas réglé, les normes de sécurité ne sont pas respectées.

L’année suivante, les travaux démarrent pour faire des réparations, essayer de retrouver la norme dans les taux de fuite grâce à des résines et autre rustines ...

EDF communique sur les réparations comme si tout était réparé pour toujours !

2011 : Un problème de fuites !

En 2011 des documents internes d’EDF affirment qu’aucune solution industrielle valable n’a été trouvée pour contrecarrer de manière définitive les fuites dues à la porosité du béton qui enveloppe les centrales de Belleville. EDF a cherché -sans succès- des solutions aux défaillances à travers des sortes de rustines injectées dans les murs. Toutefois, ces documents démontrent qu’il ne s’agissait que d’un sparadrap à un problème sérieux. Malgré l’intervention les fuites dépassent toujours les limites imposées par la loi, et en l'absence de solutions, la seule issue préconisée par EDF dans son document interne consiste... dans un changement à la hausse de la limite maximale des fuites radioactives!

http://www.vodeo.tv/documentaire/nucleaire-faut-il-avoir-peur-de-nos-centrales#video_rating

Genre : Reportage

Réalisation : Camille Le Pomellec

Production : Ligne de Mire Production

Diffusion : F 2

Durée : 34mn

Année : 2011

RESUMÉ :

Trois mois après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, et quelques jours après la décision de l'Allemagne de fermer toutes ses centrales dès 2022, une majorité de Français sont d'accord pour remettre en cause le "tout nucléaire". Dans leur esprit, désormais, les centrales ne sont pas infaillibles.

L'enquête d'Envoyé spécial révèle que des risques connus par les autorités ont été minorés. C'est le cas à Fessenheim, en Alsace, où non seulement les mesures contre les risques sismiques sont contestées par les Suisses, mais où certains autres risques ont été ignorés. Un rapport encore confidentiel issu du conseil général d'Alsace évoque le risque de fissure du Grand Canal, en amont de la centrale, et une possible inondation du site nucléaire : un scénario digne de Fukushima.

Les centrales les plus récentes ont aussi une faille. Des documents confidentiels obtenus par l'équipe d'Envoyé Spécial révèlent que les enceintes de confinement des réacteurs présentent un taux de fuites supérieur au minimum autorisé par la loi : 1,5%. C'est le cas pour les centrales de Flamanville (Manche) et de Belleville (Cher). Le problème avait déjà été soulevé en 2001 par l'ASN, l'Autorité de sûreté Nucléaire. En réponse, EDF propose de changer la loi et doubler le taux de fuite minimum autorisé !

Comment dans ces conditions, prolonger la vie des centrales nucléaires pendant 60 ans... ? Et comment rétablir la confiance de la population dans une industrie qui ne joue pas le jeu de la transparence.

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serrurier de paris 14/12/2014 03:53

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Cordialement

en savoir plus 05/12/2014 03:49

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