ÉTAPE 18 : Tours - Chaumont / Loire

Publié le 22 Août 2012

Un drôle de Tours.

L'indifférence des grandes villes.

Jusqu'à présent, la Caravane des indignés du nucléaire avait toujours eu bel et chaleureux accueil le long de son parcours et surtout au terme de chaque étape. Le problème de l'hébergement des courageux cyclistes ne se posa jamais de manière aussi cruciale qu'en ce mardi devant l'hôtel de ville de la bonne ville de Tours. Heureusement, il y a toujours un bon samaritain pour ouvrir sa porte, fusse cette fois pour un petit peloton dégoulinant de sueur !

Le comité d'accueil fut composé en plus de quelques militants, de deux policiers municipaux zélés qui n'hésitèrent pas à jouer du carnet à souche pour notre véhicule suiveur et d'un vigile au contact bien glacial pour ce temps caniculaire. Les autres sympathisants locaux avaient sans doute mangé l'information, nous étions bien tristes de ne pouvoir partager notre courroux nucléaire. Seuls nos fiers coursiers sur le parvis de ce bâtiment prestigieux écoutaient la complainte des indignés.

Nos amis les journalistes qui jusqu'alors, avaient toujours eu la délicatesse de répondre à notre invitation restèrent parfaitement invisibles, le papier du jour en page départementale devait nous suffire, voilà qui avait le mérite de la franchise. Il est vrai que le désordre provoqué par les travaux du tramway, la chaleur caniculaire, la fin des vacances, la préparation de la rentrée, …, tous ces sujets majeurs permettraient sans aucune doute d'alimenter les colonnes du lendemain.

Nous sommes entrés en territoire totalement acquis à la cause de l'atome. Le fait est certain, il ne faut pas contrarier les thuriféraires du nucléaire. Déjà au départ d'Avoine, un homme s'était montré particulièrement agressif et méprisant à notre en-contre. Il était porteur de la lumière, nous étions les forces de l'obscurantisme …

Circulez, dégagez, retournez à vos bougies ! La formule de l'ancien président de la République a fait bien des émules. On se demande avec tous ces gens qui sont de mèches avec cette opinion élémentaire, voire simpliste, comment a-t-il pu être battu en mai dernier ! Mais laissons-là ces préoccupations, le remplaçant semble désormais rallier à cette si belle énergie.

Il n'était que le prolongement des insultes essuyées la veille émanât de quelques salariés irascibles de la centrale d'Avoine. Il est vrai qu'ils défendent leur outil de travail et qu'importe si celui-ci les met quotidiennement en danger et pourrait éventuellement toucher toute la population de leurs voisins et amis. Si le silence est la règle de la belle maison EDF, que ses employés restent sur cette ligne et nous évitent ces orrions inutiles.

La journée fut ordinaire, à n'en point douter pour les vieux routiers de ce marathon cycliste. Pour moi qui arrivais, le choc fut terrible. Le rythme toujours difficile d'un groupe qui avance à bicyclette. L'un file plus vite, l'autre veut visiter un château, celui-ci n'en fait qu'à sa tête (c'est moi), ceux-là rebroussent leur chemin à mi-parcours comme c'était convenu, ces deux-là nous arrivent à contre-courant. C'est une pétaudière ambulante, il faut néanmoins assurer un minimum de discipline pour parvenir à l'heure aux rendez-vous fixés.

Autre difficulté, la logistique alimentaire. Circulez avec quelques réserves par un temps pareil est parfaitement inconscient. J'ai eu le grand plaisir de partager ma journée avec un camembert très odorant, parfaitement indépendant qui donna à mon périple en bords de Vienne, Loire, Cher ou Indre (nous avons eu droit à ces quatre compagnies aqueuses) un petite touche olfactive assez gênante. Le plus insupportable c'est que ce digne fromage français ait eu l'envie de me dépasser !

Voilà, vous savez tout des coulisses de cette manifestation un peu foutraque, totalement déjantée (ce qui n'est guère prudent quand on a la prétention de se déplacer à vélo), parfaitement indispensable, merveilleusement enthousiaste. Demain sera un autre jour, je me ferai sans doute un peu plus aux usages de la bande qui vient de recevoir un nouveau renfort, un tourangeau téméraire qui partagera la vie intrépide et surprenante de ce grand Barnum militant.

Carnetdebordement leur

Caravane à vélo de Plogoff à Fessenheim

des indignés de plus en plus inquiets du nucléaire

Ce qui leur reste à faire :

mercredi 22 aout : départ de Tours 10 H devant la mairie

arrivée à Chaumont-sur-Loire vers 17 H devant la mairie

jeudi 23 aout : arrivée à la centrale de SAINT LAURENT DES EAUX

vendredi 24 aout : arrivée à Orléans

samedi 25 aout : arrivée à la centrale de DAMPIERRE EN BURLY

DIMANCHE 26 AOUT : arrivée à la centrale de BELLEVILLE

lundi 27 aout : arrivée à Entrains-sur-Nohain

mardi 28 aout : arrivée à Vézelay

mercredi 29 aout : arrivée à Semur-en-Auxois

jeudi 30 aout : arrivée à Darcey

vendredi 31 aout : arrivée à Moloy (Valduc,
CEA : centre nucléaire pour la production d'armements)

samedi 1er septembre : arrivée à Dijon

DIMANCHE 2 SEPTEMBRE : arrivée à Pesmes, après passage à Pontailler-sur-Saône (déchets, stockage. Installation de stockage de déchets dangereux ayant reçu des boues de décantation de très faible activité provenant du Centre d'Etudes de VALDUC)

lundi 3 septembre : arrivée à Besançon

mardi 4 septembre : arrivée à Baume-les-Dames

mercredi 5 septembre : arrivée à L’Isles-sur-le Doubs

jeudi 6 septembre : arrivée à Montbéliard

vendredi 7 septembre : arrivée à Mulhouse

SAMEDI 8 SEPTEMBRE : arrivée à la centrale de FESSENHEIM

et DIMANCHE 9 SEPTEMBRE : festivités puis ballade à WYHL en Allemagne. En 1975, occupation du chantier de la centrale nucléaire par 25 000 militants pendant 8 mois : de Kaisergaust (Suisse) à Gerstheim (Bas-Rhin), 12 projets de réacteurs sur le Rhin sont abandonnés.

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