La pire chose qu'une démocratie ait pu faire

Publié le 15 Août 2012

Deux bombes atomiques sur le Japon.

Évoquer l'énergie nucléaire est impossible sans effectuer une pause sur ce qui arriva au Japon le 6 et le 9 août 1945. Deux bombes : la première à l'uranium enrichi et la seconde au plutonium, environ 250 000 victimes, toutes civiles, un carnage sans précédent dans l'histoire de l'humanité, organisé, préparé, réalisé par la nation qui se prétend être la plus grande démocratie.

Les deux champignons nucléaires ont annoncé un basculement de notre monde vers l'horreur absolue. L'atome tue plus rapidement et pendant plus longtemps encore que toutes les autres armes de ce monde si inventif. La preuve était faite que l'humanité ne maîtriserait désormais plus sa destinée. Le feu nucléaire pouvait frapper n'importe qui, n'importe où et l'escalade des réactions en chaine était en mesure de détruire la planète.

Mais revenons à ce choix, fait en parfaite connaissance de cause par un pays démocratique. Les tenants de l'allégeance systématique au grand Satan affirmeront que les USA ne pouvaient faire autrement, que le sacrifice des civils japonais économisa bien d'autres vies, qu'il fallait faire plier la folie nippone, qu'il fallait mettre enfin un terme à cette monstrueuse guerre mondiale.

Ils n'ont certes pas tort et quoi de mieux que la plus épouvantable boucherie instantanée pour clore dignement ce conflit de toutes les démences ? Bien évidemment, le martyr d'Hiroshima et Nagasaki reste très loin, au plan comptable de l'effroyable plan d'extermination des nazis. Mais il y a soudain l'intrusion d'une arme et d'une énergie nouvelle qui va bouleverser durablement notre vie.

Et c'est bien là la pire abjection de ces deux explosions que la Caravane des indignés du Nucléaire va commémorer. Il fallait essayer ! Les scientifiques et les militaires voulaient se rendre compte en grandeur nature de la puissance de feu qu'ils avaient désormais en leur possession. Et nous avons vu ! Et le Japon a ressenti dans sa chair l'effroyable réalité nucléaire.

Car c'est d'abord cela les enseignements que l'on doit tirer de cette énergie de mort : elle est aux mains d'apprentis sorciers, civils ou militaires, qui ne savent pas ce qu'ils font, qui veulent expérimenter, qui formulent des hypothèses, qui parient sur l'avenir avec un optimiste qui ne se fonde sur aucune réalité solide.

Le Nucléaire portera toujours en lui le poids de cette inauguration monstrueuse. C'est un pacte avec la mort, un contrat pour la fin du monde, une danse avec le diable. Les explosions d'Hiroshima et Nagasaki ont démontré à la population du monde que désormais, les humains ne maîtrisaient plus rien, qu'ils avaient enfanté une puissance terrifiante qui les dépassait et que rien ne pourrait jamais contenir cette folie.

Mais, le temps a passé, les plaies ne se sont pourtant jamais refermées dans les villes martyres où l'on continue de mourir de ce crime contre l'humanité en faisant fi des années et des générations. La capacité de nuisance est transmissible, elle va au-delà de la durée de vie d'une génération. Pourtant, personne ne veut comprendre, personne ne veut tirer les leçons de l'histoire.

Les bien-pensants ont prétendu que ce n'était que la perversion de la guerre et que l'énergie nucléaire civile ne provoquerait jamais pareil cataclysme. Depuis, nous avons vu et nous continuons de ne pas comprendre, aveuglés que nous sommes par notre désir délirant de confort et d'énergie, par notre incapacité à penser autrement.

Se souvenir d'Hiroshima et Nagasaki, c'est se dire que jamais plus l'atome ne doit mettre en danger nos civilisations. C'est mettre un terme à ce jeu diabolique que mènent quelques scientifiques, quelques militaires, quelques industriels avec une force bien plus forte qu'eux. C'est demander immédiatement l'arrêt de cette alliance avec les puissances occultes à l'échelle de la planète.

L'énergie nucléaire n'est pas une énergie comme les autres. Elle a été baptisée dans le sang, elle continuera à faire peser une menace sur les générations suivantes. Elle ne doit plus être utilisée sur notre Terre, cette planète si fragile.

La Caravane à vélo des indignés du nucléaire se devait de commémorer cette abomination, paradigme de tous les possibles contenus dans une énergie qui dépasse l'homme, apprenti sorcier qui croit pouvoir aller au cœur des secrets de la matière. La mort, seule, est au rendez-vous de cette folie démoniaque !

Commémorativement leur

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