Mines de rien !

Publié le 15 Août 2012

Cachez ces trous qu'on ne saurait voir !

Si nos belles centrales sont encore debout, fières et menaçantes, sans qu'on sache vraiment comment il sera mis un terme à cette folie, les mines d'uranium ont vécu. Elles gisent, abandonnées des hommes et de ceux qui y ont fait de juteux profits. La Caravane à vélo des indignés du nucléaire veut mettre en lumière tous les aspects sombres de la face cachée de cette merveilleuse énergie. Le vendredi 10 août, elle a fait son arrivée à Meslan pour visiter les sites des anciennes mines d’extraction d’uranium …

Il y a bien des points obscurs depuis l'abandon progressif des sites français. La dernière mine a fermé ses portes en Haute-Vienne en 2001. L'extraction avait commencé dans les années d'après-guerre, la France avait alors des envies de grandeur et de Bombe. Puis le pays s'est tourné vers cette énergie si propre qu'elle laisse derrière elle des zones abandonnées et radioactives pour quelques siècles.

Le dossier de la fermeture et la sécurisation des anciennes mines d'uranium en France est symptomatique des limites absurdes de la privatisation des gains et de la nationalisation des pertes ultérieures. Tant qu'il y a des sous à faire, le travail est encadré, sécurisé dans la mesure du raisonnable. Puis, les bénéfices se faisant plus rares, les loups quittent les lieux et les laissent en l'état dans le mépris des engagements initiaux.

Notre pays est un joli parcours de golf avec 234 trous nocifs sur lesquels on n'a même pas pris la peine de faire flotter un drapeau de mise en garde. En certains endroits, ces mines sont devenues des parcs de loisirs, des lieux fréquentés par le public sans que la sécurité soit garantie plus que cela. L'énergie nucléaire laisse des traces, des déchets virulents, en amont et en aval de sa terrible chaine de production. Cet aspect n'a pas été pris en compte et demeure le dossier à décharge qu'aucun responsable n'a le courage de traiter franchement.

Depuis 2001, la France, en bonne grande sœur du continent africain, a trouvé préférable d'aller chercher son uranium chez nos si chers amis. François Hollande, ce président à la fibre écologiste, est allé rendre visite à son homologue du Niger. Il a certainement omis d'évoquer ce dossier où l'on peut lire : "Des gamins de quinze et seize ans se font irradier dans les mines sous contrôle français au Niger. Il n'y a quasiment aucune protection contre l'inhalation de gaz radon. La main d'oeuvre, presque exclusivement des nomades Touaregs, reste totalement ignorante des effets de l'exploitation minière. La détection des radiations et les contrôles sanitaires sont inexistants."

En France, ce n'est pas mieux. Les mines abandonnées ne se font pourtant pas oublier. Elles irradient à qui mieux mieux, elles polluent les eaux, elles laissent un cortège d'interrogations auxquelles le pouvoir n'aime pas donner de réponses. Un rapport édifiant a été réalisé par la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité. Adressé au ministre Borloo, il fait froid dans le dos. Heureusement, il est resté confidentiel !

La Caravane souhaite réveiller une opinion publique largement manipulée par le lobby nucléariste. Le mensonge et les omissions sont les clefs de voûte de la propagande des grands groupes. Nous devons creuser le problème à notre tour, faire ressortir les vieux serpents de terre qu'on a voulu nous cacher.

Prenez à votre tour la peine de lire ce rapport, de chercher ailleurs l'information. On vous a menti depuis le début sur cette énergie sans risque où tout était maîtrisé. La Caravane des indignés du nucléaire exige un grand débat national. Celui-ci doit se dérouler avec la sincérité des éléments de réflexion. Ne pensez plus qu'il est possible d'accorder votre confiance à EDF, la Cogéma, Aréva et consort. Ils ont largement démontré leur partialité coupable et parfaitement indigne.

Creusement leur.

Ref : http://www.criirad.org/actualites/uraniumfrance/Synthese_PDF/francais.pdf

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