Etape 11: Le Carnet (Frossay) - Le Pellerin

Publié le 15 Août 2012

Quand l'ogre imite le petit Poucet

Des cailloux qui ne passent pas !

Notre bonne entreprise fournisseuse d'énergie et créatrice d'emplois de plus en plus intérimaires, à force de nous raconter des histoires a fini par se prendre au jeu de la fable. L'ogre, dans la confusion qui caractérise sa communication, a inversé les rôles. Tel le petit Poucet, il a semé des cailloux irradiés sur le trajet de notre Loire. De cela, jamais nous ne pourrons lui pardonner cette offense faite à notre belle et majestueuse dame Liger !

Ce fleuve sauvage a été souillé de présences indésirables, de lourdes menaces pour les ligériens et de radiations sournoises qui diffusent dans son onde pas toujours tranquille. Les tours de refroidissement font désormais partie d'un décor qu'il a fallu retirer du paysage pour que le Val obtienne le label : « Patrimoine de l'Humanité ! ».

L'UNESCO, dans sa sage résolution savait qu'il n'était pas acceptable d'intégrer à son classement les souillures effroyables que des fous furieux avaient planté dans la quiétude du Val. Belleville sur Loire, Dampierre en Burly; Saint Laurent des eaux, Chinon sont autant de verrues qui sont venues détruire l'harmonie du fleuve.

EDF, entreprise toute puissance avait décidé de jeter un sort au dernier fleuve sauvage d'Europe. La nature souveraine, voilà bien un concept insupportable pour cet ogre qui avait déjà semé deux pavés dans la mare. La Loire embastillée par les barrages hydroélectriques près de Saint Étienne et Roanne, se voyait gratifier encore de ces immondes cadeaux.

L'appétit de l'ogre ne pouvait se satisfaire de ces 6 étapes monstrueuses. Il lui fallait achever son parcours funeste vers la mer. Le Carnet, lui dit tout de la commune de Frossay était l'ultime étape avant la mer, cet Océan qui désormais attirerait des envies de plateformes éoliennes . Rien n'est sacré dans notre quête effrénée à l'énergie …

Mais voilà, si dans les territoires en amont, les populations acceptèrent les tromperies et les promesses illusoires, au Carnet, le Breton qui sommeille dans tout ligérien vivant en aval de Nantes; s'est dressé contre le projet. Nos voisins du bout de la terre sont bien plus respectueux que les continentaux de la nature. Ils ont refusé l'insupportable !

Il n'est pas besoin de revenir sur le récit victorieux. Partout, de Plogoff à Erdeven, du Carnet au Pellerin, nous retrouvons les mêmes ingrédients du succès d'une population en colère contre un État autoritaire et méprisant au service d'une entreprise aux pratiques étranges et obscures. Solidarité, détermination, force de conviction, refus de subir les injonctions, rébellion face aux diktats et à la force sont les clefs de ce nouveau succès.

Le Carnet ne sera pas souillé par une centrale nucléaire, ce monument à la gloire du délire des hommes énergivores, cette insulte au paysage, cette lourde menace sur les générations futures, les bretons n'en voulaient pas. Ils nous ont montré la voie, nous n'avons pas su saisir cette opportunité. L'appétit du gain, l'égoïsme d'une génération, la crédulité des élus, l'absence de débat démocratique firent des merveilles sur le parcours amont de la Loire.

La Caravane à vélo des indignés du nucléaire aura bientôt l'occasion de croiser ces forteresses inaccessibles, ces établissements sous très haute surveillance où règnent le secret et le mystère. Nous avons bénéficié de quelques fuites, nous savons que des incidents graves ont eu parfois lieu et que jamais la population n'en fut informée.

Alors, avant d'aller se jeter dans la gueule de l'ogre, les indignés se réjouissent de saluer les amis du Carnet. Leur détermination leur a permis de ne pas avoir ce vilain caillou à côté de chez eux. Ils ne vivent pas sous la crainte. Puissent-ils nous donner la force de croire qu'un avenir sans nucléaire est possible dans ce pays aux mains d'un lobby sur-puissant !

Fabuleusement leur.

Rédigé par C'est Nabum

Repost 0
Commenter cet article