Une autre réaction en chaîne de bicyclette.

Publié le 15 Août 2012

L'Alter-Tour

Pendant plus d'un mois, d'étranges cyclistes dépenaillés sillonnent une grande région française pour que circulent d'autres idées que celles que l'on veut nous imposer au nom d'une pensée unique, mercantile et suicidaire. Ils pédalent, simplement, pour provoquer cette réaction en chaîne qui est la seule à pouvoir sauver notre société du suicide vers lequel l'entraîne le délire d'un système capitaliste à l'agonie.

Ils avancent pour démontrer qu'un autre monde est non seulement possible mais indispensable à notre survie. Un monde sans dopage, sans ces apports artificiels de tout ce qui contribue par la propagande, par l'injonction, par la loi, par l'éducation également, à nous enfermer dans une logique de consommation effrénée sans respect pour la planète.

Ils défendent une autre économie qui passe d'abord par le respect de la nature mais aussi par la maîtrise individuelle ou collective des appareils de production. Ils cherchent à se dégager de la folie de la croissance, celle dans laquelle veulent nous enfermer tous nos élus, incapables qu'ils sont de sortir d'un modèle qui les a enfantés et qui les engraisse largement.

Alors, ils taillent la route bien loin des performances délirantes des pharmaciens du Tour de France. Ils prennent le temps des rencontres pour discuter et si possible convaincre dans un lent et inexorable mouvement de pédagogie. Les énergies renouvelables, certes mais à l'échelle de l'homme, loin des centrales et des sociétés internationales. L'agriculture biologique, mais dans une dimension locale, loin des bénéfices juteux qui se cachent sous un label à la mode. Une agriculture paysanne, bien loin des délires entreprenariaux des tenants de la FNSEA.

Ils faisaient étape ce soir-là dans un petit hameau de l'Aveyron. Près de 150 personnes les attendaient pour partager un repas bio et échanger sur le thème de la production d'énergie par la bio-masse. Dès qu'il s'agit de se mettre à table, dans ce département, on se précipite. L'occasion était bonne d'en faire un moment de réflexion et de vulgarisation.

Une bonne trentaine de bénévoles a permis la réussite magnifique de cette soirée. Ils ont tout mis en œuvre pour accueillir la cinquantaine de cyclistes, leur équipe d'intendance et tous les sympathisants venus ce soir-là à leur rencontre. C'est dans des actions de ce type, sans beaucoup de relais médiatique que l'indispensable prise de conscience se fera. Nous ne pouvons continuer à courir à notre perte, les cyclistes veulent redonner symboliquement un rythme moins délirant à la marche du Monde.

C'est une conseillère régionale « Europe Écologie Les Verts » de Midi-Pyrénées qui était la maître d'œuvre de cette étape. C'est curieux la distance qu'il y a entre les convictions indéniables de cette femme et la réalité d'un parti qui a vendu son âme pour entrer dans un gouvernement nucléariste et productiviste. Par pudeur, les organisateurs de l'alter-tour ne se sont pas étendus sur une faille qui ne fera certainement que s'accroître au fil des décisions d'un gouvernement bien loin des sincères et nécessaires préoccupations écologistes.

Qu'importe, la soirée fut belle. Les cyclistes et ceux qui sont venus les soutenir ont bien mangé. Nous avons vu fonctionner un capteur de méthane, improvisé pour l'occasion, avons écouté attentivement un long exposé et bu du vin bio. Au petit matin, les vaillants altercyclistes reprirent la route pour une étape de 60 kilomètres dans le relief accidenté de ce beau coin de France.

Je pensai alors à notre caravane des indignés du nucléaire qui s'élancera le 5 août de Plogoff pour rallier Fessenheim en un peu plus d'un mois. Puissions-nous avoir la même réception que celle qui fut proposée ici. La contestation est en marche, plus exactement en route. C'est à vélo qu'avancent les nouveaux chevaliers des temps modernes. Faites-leur bon accueil.

Déchainement leur

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